Piscine urbaine de 100 mètres à Berlin : l'audacieux projet de Kinzo Architekten
D'après Trend Hunter, le cabinet Kinzo Architekten vient de présenter un projet de bassin extérieur d'une centaine de mètres qui réinvente le parc Tilla-Durieux, à Berlin.

Sur mes chantiers, quand un client me parle d'un grand bassin, je lève toujours un sourcil: la longueur ne fait pas tout, c'est la cohérence avec le terrain et les matériaux qui décide. Pour nous, constructeurs de piscines en bois massif et concepteurs d'extérieurs, ce type d'annonce mérite qu'on s'y arrête.
Ce qu'on sait du projet — et ce qu'on ne sait pas encore
Soyons honnêtes: à l'heure où j'écris ces lignes, le seul élément qui circule largement reste le titre de l'article de Trend Hunter. On dispose donc du nom du cabinet (Kinzo Architekten), du site concerné (le parc Tilla-Durieux à Berlin) et de l'ordre de grandeur annoncé, un bassin extérieur d'environ 100 mètres. Au-delà, les détails constructifs — essences de bois retenues, type de structure, présence ou non d'un liner, traitement des berges — ne sont pas encore publics dans les sources que j'ai consultées. Je préfère le dire franchement plutôt que d'inventer: nous sommes face à un projet annoncé, pas encore documenté techniquement.
Ce qui est intéressant pour notre métier, c'est justement cette part d'inconnu. Un bassin de 100 mètres dans un parc urbain, c'est un sujet d'ingénierie sérieux: tenue des berges sur cette longueur, gestion des mouvements du bois avec le temps — ça bouge avec le temps, comme je le rappelle souvent —, choix des classes d'emploi pour les pièces structurelles en contact avec l'eau et le sol. Tant que l'équipe de Kinzo n'aura pas publié de coupes ou de spécifications, tout ce qu'on peut faire, c'est noter le nom du projet et garder l'œil ouvert.
Le contexte berlinois: une vraie culture du bain urbain
Pour replacer le sujet, visitBerlin.de a publié début août un panorama des piscines et lidos en plein air dans la capitale allemande, et la liste donne le ton. On y trouve le Volksbad, un bassin éphémère de 25 mètres ouvert cet été devant la Volksbühne, le Badeschiff sur la Spree avec ses pontons en bois et sa plage de sable, le Weißensee Lido et ses pelouses ombragées, ou encore la piscine d'été de 50 mètres au pied de l'Olympiastadion. Berlin a cette culture du bain extérieur en milieu urbain dense, avec une vraie attention portée aux platelages, aux passerelles et aux zones de détente boisées.
Pour un charpentier paysagiste comme moi, c'est un terrain de référence: on voit comment les Allemands traitent les abords de bassin, les pontons, les plages artificielles. Quand un projet de cette ampleur sort à Berlin, c'est souvent nourri par cette culture du détail et de l'usage public.
Ce que je surveille dans les semaines qui viennent
Côté pratique, je vais guetter trois choses sur ce projet Kinzo. D'abord, la publication de visuels ou de plans qui permettraient de voir si le bois structurel est mis en œuvre — et si oui, en quelle essence et avec quel traitement: saturateur, autoclave, classe d'emploi. Ensuite, la question de l'étanchéité: sur un bassin sans liner, la structure elle-même assure la retenue d'eau, et 100 mètres linéaires, ça impose des choix techniques radicaux. Enfin, l'intégration paysagère dans un parc historique comme Tilla-Durieux: ce sont souvent les projets publics allemands qui montrent comment marier un aménagement contemporain avec un patrimoine arboré.
Si vous êtes sur un chantier de piscine bois ou de terrasse autour d'un bassin, retenez la leçon de fond: un projet comme celui-ci fait bouger les références. Même si vous ne construirez jamais 100 mètres de bassin, ce qui se joue à cette échelle finit par irriguer les bonnes pratiques — sections de bois, traitement des rives, dessin des margelles — que l'on retrouve ensuite sur des dimensions plus domestiques.