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TRIQBRIQ : le système de briques en bois massif pour une construction circulaire

D'après NeozOne, qui relayait l'information fin juillet, la start-up allemande TRIQBRIQ, fondée à Tübingen par Maximilian Wörner, a mis au point des briques de construction en bois qui s'emboîtent…

TRIQBRIQ : le système de briques en bois massif pour une construction circulaire

D'après NeozOne, qui relayait l'information fin juillet, la start-up allemande TRIQBRIQ, fondée à Tübingen par Maximilian Wörner, a mis au point des briques de construction en bois qui s'emboîtent comme des LEGO, sans colle, sans mortier et sans vis. Sur mes chantiers, quand un client me demande pourquoi je tiens tant à travailler le bois massif plutôt qu'à empiler des profilés aluminium, je réponds souvent la même chose: un assemblage bien pensé se dévisse, se répare, se remplace. Voilà une innovation qui semble partir exactement du même raisonnement.

Le principe, simplement

Les BRIQs sont usinées de manière automatisée à partir de bois industriel, de chutes de scierie ou d'arbres abîmés par les tempêtes — tout ce bois qui part trop souvent en stères ou en granulés. Leur tenue ne repose que sur de simples chevilles en hêtre, comme un tenon-mortaise qu'on aurait miniaturisé et standardisé. L'idée directrice, c'est de pouvoir démonter le bâtiment plusieurs décennies plus tard pour réutiliser chaque élément, plutôt que de produire des gravats. Pas de résine à séparer, pas de colle à arracher, juste du bois qui retrouve une seconde vie.

Ce que ça raconte, pour nous

Ce qui me parle, en tant que charpentier de terrain, ce n'est pas tant la prouesse technique que la logique de fond. TRIQBRIQ annonce un stockage d'environ 177 kg de CO₂ par mètre carré de mur et limite sérieusement les déchets de chantier. Plusieurs maisons et bâtiments résidentiels sont déjà sortis de terre avec ce procédé, dont le pavillon CRCLR Hut à Berlin, vitrine de la construction circulaire. En 2025, le projet a même reçu le German Sustainability Award — ce n'est pas un petit label de plus, c'est une reconnaissance du secteur.

Dans nos aménagements extérieurs, la même question se pose: la terrasse qu'on pose aujourd'hui, la plage de piscine qu'on dessine, seront-elles vraiment démontables net dans vingt ans? Ou est-ce qu'on condamne le passage à ceux qui viendront après nous? Ce sont des interrogations que tout autoconstructeur sérieux finit par se poser.

Ce que je surveille avant de m'emballer

Avant de rêver d'une BRIQ géante en remplacement d'une lambourde, quelques points méritent d'être vérifiés sur le terrain. D'abord la classe d'emploi du bois: en extérieur, hors abri, on regarde systématiquement la résistance aux champignons et aux insectes, et le hêtre seul, sans traitement adapté, ne tient pas face à un contact prolongé avec l'humidité. Ensuite, l'étanchéité: à l'échelle d'un mur, des briques empilées sans mortier, comment ça se comporte en cas de pluie battante, de gel-dégel répété? Enfin, la tenue dans le temps des chevilles bois-bois en traction, surtout sous charge dynamique.

Sur le papier, la démarche est cohérente et l'engagement est sincère. Pour autant, je ne connais pas encore de retour de chantier en conditions réelles sur la durée, et c'est précisément ce que je vais guetter dans les mois qui viennent: des bâtiments qui ont cinq, dix ans, d'éventuels jeux d'assemblage, des gonflements. C'est en regardant le bois bouger avec le temps, comme toujours, qu'on saura si l'idée tient debout.