Crues à Saint-Caradec : protéger vos terrasses et piscines en bois après l'inondation
Selon Ouest-France, la commune de Saint-Caradec vient d'être reconnue en état de catastrophe naturelle après les crues de janvier 2026.

Sur mes chantiers, j'ai vu assez de piscines en bois et de terrasses passer par ce type d'événement pour savoir que tout se joue dans les jours qui suivent l'eau: c'est maintenant qu'on photographie, qu'on ausculte les lambourdes, qu'on ouvre le dossier — pas dans trois mois, quand les traces ont séché et que les souvenirs se mélangent.
Ce que la reconnaissance change concrètement
L'arrêté de catastrophe naturelle ouvre aux sinistrés la possibilité de se retourner vers leur assurance pour les dommages directement liés à l'événement. C'est une fenêtre, pas une indemnisation automatique: encore faut-il que les pièces soient prêtes au bon moment. Si votre terrain, votre terrasse ou votre piscine en bois a été immergée lors de ces crues, le premier réflexe, dès que l'eau s'est retirée, c'est de tout photographier. Niveau atteint, traces de dépôt sur les lames, état des lambourdes visibles, points bas du bassin, abords du local technique. Même si tout semble sec en surface, ce sont ces clichés qui serviront de référence à l'expert — et c'est souvent ce qui fait la différence entre un dossier indemnisé et un dossier retoqué.
Ce que je vérifie toujours après une immersion
Une piscine en bois massif sans liner, une terrasse sur lambourdes, ce n'est pas un produit qu'on pose et qu'on oublie. L'eau qui monte et qui redescend travaille les assemblages et laisse l'humidité s'installer dans les zones confinées, là où l'air ne circule pas. Trois points que je regarde systématiquement:
- Les lambourdes et les points d'appui: un bois qui a barboté longtemps et qui ne sèche pas correctement finit par gonfler, puis par fissurer en séchant. Si vous voyez un jour entre les lames qui n'existait pas avant, ou une lame qui ne tient plus en butée contre le mur, c'est qu'il y a anguille sous roche. On dépose, on regarde, on change ce qui a joué.
- Les fixations: sur mes chantiers, je ne travaille qu'en inox, mais même l'inox standard encaisse mal une immersion longue dans une eau chargée en limon. On resserre, on remplace ce qui a couillé, et on garde la référence pour la prochaine commande.
- La classe d'emploi du bois: un bois choisi pour un usage extérieur en classe 3 ou 4 ne supporte pas pour autant des semaines d'immersion. La classe d'emploi, c'est la fiche d'identité du bois face à l'humidité — sa tenue à l'eau, aux champignons, aux attaques. Si vous ne l'avez pas, demandez-la à votre fournisseur ou à votre poseur, et rangez-la dans le dossier d'assurance. C'est elle qui dira, le moment venu, si votre bois était bien dimensionné pour ce qu'il vient de subir.
Comment je m'organise sur la durée
Sur le terrain, après une crue, on n'est jamais dans l'urgence de tout démonter: on observe d'abord, on laisse sécher, puis on agit dans l'ordre. Pour ceux qui sont dans une commune reconnue comme Saint-Caradec, c'est maintenant qu'on monte le dossier, pas dans trois mois. Et pour celles et ceux qui construisent ou rénovent dans une zone où l'eau sait remonter, on intègre la question dès la conception: comment l'eau s'évacue sous la structure, comment on accède aux points de contrôle, comment on remplace une lame sans tout casser. C'est ce qui fait la différence entre un ouvrage qui traverse vingt ans et un autre qu'il faut refaire après le premier épisode sérieux.